Littérature francophone et française

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Littérature francophone et française

Message par Axelle le Mar 6 Oct - 2:24

Littérature francophone et française

Introduction

I. Pourquoi choisir le Roman du 18e siècle pour un cours d’introduction à la lecture de textes romanesques ?

• L’évolution du genre :
Maurice LEVER constate que le roman s’intériorise et met en place un différend type de héros (Le roman baroque est donc différent du roman classique).
- Roman baroque : Emerveillement du héros.
- Roman classique : objet de sympathique qui se pose sur un statut moraliste et philosophique.

• La narration se simplifie :
- Les romans sont moins longs.
- Structure narrative allégée (disparition des histoires intercalées).
- L’action devient plus linéaire (ordre chronologique respectée).
- Les actions sont plus simples et familiers (moins d’actions en général, de hasard, …)
- Les évènements sont moins stéréotypes
- Moins de personnages (personnels romanesques qui sont « comme tout le monde », moins idéalisés, facilitant l’adhésion du lecteur).

• Le champ romanesque du roman va s’élargir et se mêler à l’histoire, la philosophie, la politique et le voyage, ce qui lui permet de s’ouvrir sur des univers moins stéréotypés et d’être plus ancré dans le réel.

L’ascension de la bourgeoisie et la naissance du roman (Henri COULET) :
Henri COULET explique l’apparition du roman moderne comme étant une évolution de la bourgeoisie, cette dernière changeant dans le roman. En effet, les personnages de la bourgeoisie sont moins caricaturés (auparavant, le bourgeois était quelqu’un dont on se moquait). Les préoccupations du bourgeois sont plus familières, quotidiennes.

Evolution du roman :
L’évolution du roman n’est pas totalement linéaire : en effet, il reste beaucoup de romans encore marquées par le romanesque traditionnel.
Une mauvaise conscience s’impose chez le romancier à écrire un roman, ce qui lui oblige à écrire des textes préfaciers qui accompagnent le roman, comme s’il  cherchait à s’excuser auprès du lecteur d’avoir écrit ce roman. Il faudra, en effet, attendre le 19è siècle pour que le roman soit mieux considéré.
A travers le roman, le romancier se cache sous un certaines nombres de marques, car, en effet, l’écrivain se met en danger à écrire des romans et lui nécessitent donc de prendre des précautions :
- Faire rendre compte que le « je » n’est pas l’écrivain mais quelqu’un d’autre (soit le personnage de l’histoire). L’écrivain se cache donc par le personnage narrateur et apparait le moins possible à travers l’histoire.  
- Faire croire que l’histoire n’a pas été inventée en brouillant la limite entre ce qui est vrai et ce qui est inventé.

Problématique du plaisir :
Afin que le lecteur ne s’ennuie pas, il faut trouver comment provoquer le plaisir de lire, comment ne pas ennuyer le lecteur.
Pour selon, les thématiques les plus prisées sont :
- Les histoires d’amours
- Le plaisir plus spécifique : libertinage et érotisme.
Il y a également le plaisir de l’écrivain à mystifier le lecteur ; le romancier joue avec le lecteur.


II. Etat des lieux et pistes de réflexion.

1. Contexte historique.
La production littéraire se fait sous l’ordre de la contrainte et de la répression. En effet, on n’y est pas libre d’écrire ; le pouvoir a conscience de la façon dont peuvent se répandre les romans. Une censure est donc mise en  place par un organisme, géré et surveillé par la police. Il faut donc demander une autorisation auprès de cet organisme pour pouvoir écrire.

En 1737 sort la « loi de proscription des romans ». Après l’apparition des « Lettres Persanes » de Montesquieu, un chevalier prend la mesure d’interdire les romans. Les romanciers risquent donc d’encourir la censure et la prison. Cela amplifie alors le phénomène de brèches, de procédures de contournement où les romanciers font éditer leurs livres dans des pays plus libres comme l’Angleterre, malgré que, dans les librairies, ils ne sont autorisés à publier que les livres autorisés par le pouvoir.

2. Contexte littéraire

Le genre du roman est pratiqué depuis longtemps mais a toujours été discrédité et c’est toujours le cas au 18è siècle. C’est un genre qui souffre de n’avoir jamais été théorisé.
Au 17è siècle sont écris les théories des genres et jugent si un genre est noble ou pas.
Le Roman étant un récit écrit en prose, dans un langage vulgaire, elle n’a donc jamais de théorie et a donc un grave manque de considération. Ce n’est qu’au 19è siècle où le genre du roman aura sa consécration et aura une considération.

Le roman est une fiction, un mélange des genres et n’a pas de formes ni de contraintes ce qui permet une grande liberté à l’écrivain.
Jusqu’au 19è siècle, le roman est un genre mineur et critiqué.
Parmi les critiques, il y a du :
- Positif : le roman permet en effet de divertir le lecteur.
- Négatif (critique généralement donnée par les religieux et particulièrement les Jésuites qui étaient des érudits) : ils jugent le roman comme ayant un côté extravagant, étant un tissu d’affabulation, un assemblage de faits invraisemblables. Desfontaines, qui était un Jésuite, dénonce dans une critique en 1735 l’immoralité du roman. En effet, dans les romans, on parle d’amour profane (Ex : Manon Lescaut, roman condamné par Desfontaines).
Le roman raconte des aventures fictives, inventées, présentées comme vraies ; le roman permet donc de s’accoutumer à la fausseté, selon les critiques. Les romanciers font donc semblant d’y croire et le disent dans leur préface.

Le roman ne devait jamais être mis dans les mains d’une jeune fille. En effet, Rousseau dit, en 1762 : « Une fille qui lit une page de roman est une fille perdue. »

Le roman représente donc un danger, chose qui est utilisée avec habileté par les romanciers car le danger attire les lecteurs et donc la notion du danger est presque une enseigne publicitaire.
En effet, même si le roman est critiqué, il est abondamment lu :
- Avant 1715 : 15 titres/an.
- Entre 1730-1740 : 30 titres/an.
- Après 1750 : 50 titres/an.
Le nombre de titres par an du roman est supérieur à celui du théâtre (genre pourtant bien considéré).
Il y a donc un engagement du public pour le roman.
Il y a également l’influence de Diderot, fasciné par un romancier Anglais, Richardson. Ce romancier Anglais écrit des romans épistolaires comme Lovelace (devenu personnage mythique). Diderot voit en ce romancier un renouvellement du roman au 18è siècle.
Il y a également une écrivaine Mme de Stael, qui est une romancière et écrit un essai nommé Essai sur la fiction.

Une réhabilitation du roman se fait à la fin du 18è siècle et impose alors un début du changement pour le roman. Beaucoup de préface disparaissent au 19è siècle.

3. Contexte sociologique.

- Au 18è existe un grand progrès au niveau de l’imprimerie ce qui permet l’expansion et la diversification du roman ainsi que du lectorat (nombre de lecteurs).
- Développement  de bibliothèques (cabinets de lecture privés o l’on peut emprunter un livre).
- Développement du colportage.
- Possibilité d’apparitions périodiques.
- Amélioration des conditions de lecture (développement de la lecture intime, c’est-à-dire qu’il y a des pièces conçus pour lire). Le format des livres est également réduit, donc les livres sont plus facilement transportables et plus faciles à lire ce qui facilite donc la lecture solitaire. Les livres entrent donc également dans les chambres.
- Prix réduit : objet de consommation plus courant, moins luxueux.
- Public féminin plus courant : la plupart des salons littéraires sont tenus par des femmes.
- Evolution de la forme, des thèmes, du rapport au réel et de la tonalité du roman.  Le roman gothique refait également surface à la fin du 18è, genre dont on croyait enterré.



4. Diversité des formes et des thèmes.

Au 18è siècle, il y a peur d’ouvrages de synthèse sur le roman.  L’absence de règles pour définir le roman pose donc un problème de délimitation.
Il existe également un problème pour différencier les contes aux romans, ces deux genres se ressemblant beaucoup (récit écrit en prose, fiction, …). On en déduit que, comme les contes sont plus courts que les romans, on les catégorisera de la sorte.

Points communs :
- Tous ont une aspiration à dire la « vérité ». Les romanciers tentent, en effet, de faire passer systématiquement leurs histoires comme étant des récits non-inventés.
« J’ose dire que l’histoire la plus vraie est pleine de mensonge, je dirais que ton roman est pleines de vérités et que l’histoire est du mensonge et les romans est de la vérité. » Diderot en s’adressant à Richardson.
- Formes et techniques du roman quasiment similaires. En effet, dans la technique romanesque et énonciation, beaucoup écrivent leur histoire à la 1ère personne (rarement à la 3ème).
- Revendication d’une fiction vraie et utile moralement dans tous les romans. En effet, le roman pousse à mieux nous comporter dans la vie : il permet donc de se divertir et d’en tirer un enseignement moral.
Différences :
- Les romans sont classés par critère de forme et d’écriture. Il existe ainsi deux genres de roman : le roman mémoire et le roman épistolaire.
- Plusieurs thématiques du roman (courants romanesques) : Veine sentimentale (passion amoureuse) dont la sensibilité (larmoyant), libertine (récit qui se passe souvent à Paris où le personnage, naïf, doit faire un certaines nombres d’apprentissage dans le sentimentale, la société, l’érotisme, etc.), noir/gothique avec comme symbole le diable (réapparition du roman noir à la fin du siècle), parodie (roman qui fait l’objet de sa propre dérision et réfléchit sur lui-même).

Le roman du « je »

- Le roman mémoire  est un récit de souvenirs inventés et met donc en place de fausses mémoires. Il y a donc la posture d’une existence du narrateur qui est généralement une personne âgée ou bien qui a vécu beaucoup d’expériences en peu de temps et qui raconte son histoire à travers le roman ; c’est donc un vaste flashback. Le narrateur raconte soit à un narrataire (auditoire), soit à un public non identifié (donc, le lecteur en général).
Par rapport à la 1ère moitié du siècle, durant la 2ème moitié le roman mémoire est écrit avec beaucoup de dérision et de recule.
Plus on avance dans le siècle, plus la technique s’épure, la narration est moins télescopique (intercaler une narration secondaire à une autre) et est plutôt linéaire.
Il existe également des histoires tellement longues qu’elles sont inachevées. Certaines sont, néanmoins, bel et bien achevées (Exemple de Manon Lescaut qui est une histoire prise dans une histoire). Il existe donc un phénomène de continuation où d’autres auteurs vont reprendre, quelques temps plus tard, les histoires inachevées pour les continuer.

- Le roman épistolaire : Roman rythmé par des lettres. Au 17è siècle, le « je » était réprimé ; « Le Je est haïssable » selon Pascal. Le roman épistolaire doit donc rester dans l’impersonnalité. Au contraire, au 18è, le « je » était bien plus utilisé.
Le 18è est le siècle des lettres où les personnes se correspondent plus par lettre pour communiquer (ce sont généralement la classe des Nobles qui peuvent s’écrire puisque presque cette seule classe sait écrire). Le roman épistolaire connait donc un grand succès.
La technique du roman par lettres impose des contraintes à l’écrivaine mais lui permet également un certaines nombres de possibilités : par exemple, faire du lecteur un lecteur voyeur. Le lecteur devient donc des personnes indiscrètes et qui en savent plus sur les personnages que les personnages en eux-mêmes (elles sont donc omniscientes dans l’histoire).
Il existe également une revendication de la réalité des lettres où l’écrivain affirme que les lettres ont été véritablement écrites et envoyées (tandis que c’est faux).
Il existe plusieurs types de romans épistolaires qui vont du plus faciles au plus complexes. Dans les romans épistolaires, il peut y avoir trois possibilités : soit il y a qu’un seul destinateur qui ne reçoit pas de réponses, soit il y a une échange de lettres entre un destinateur et un destinataire, soit il y a plusieurs destinateurs et plusieurs destinataires.

Axelle

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Date d'inscription : 25/09/2015

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